04 73 19 84 26
Boutique · 2009
aspi-moto Clermont · Nettoyage deux-roues
Accueil / Journal / Lifestyle
Lifestyle

Le rituel du dimanche : laver sa moto, un plaisir qui prolonge la mécanique

Par Julien Faure · · 7 min de lecture

Il y a des motards qui détestent laver leur machine et d'autres pour qui c'est sacré. Moi, j'ai toujours été du deuxième camp. Avant d'ouvrir la boutique en 2009, j'étais mécanicien, et j'ai compris très tôt qu'un dimanche matin passé à laver sa moto, c'est bien plus qu'une question de propreté. C'est le moment où on inspecte, où on touche, où on repère le petit truc qui aurait fini par coûter cher. Je vais vous raconter mon rituel, celui que je refais chaque semaine de beau temps dans la cour de l'atelier.

Pourquoi le dimanche, et pourquoi sans se presser

Le dimanche matin, vers 9 heures, la lumière est douce et il n'y a personne. Je sors la moto, je me fais un café, et je prends mon temps. C'est ça le secret : ne pas laver sa moto à la va-vite entre deux courses. Un lavage pressé, c'est un lavage qui raye, qui oublie des recoins et qui ne sert à rien d'autre qu'à faire briller cinq minutes.

Quand on prend le temps, on observe. On voit que ce boulon a un peu de jeu, que ce câble commence à frotter, que la chaîne est plus sèche qu'on ne pensait. Le lavage devient une inspection technique déguisée en plaisir. C'est exactement ce que je faisais quand j'étais mécano, sauf qu'aujourd'hui je le fais sur ma propre machine, sans chrono.

« Une moto qu'on lave régulièrement, c'est une moto qu'on connaît. Et une moto qu'on connaît tombe rarement en panne par surprise. »

— Julien Faure

Mon déroulé, étape par étape

Je suis toujours le même ordre, parce qu'il évite les erreurs classiques comme nettoyer le haut après le bas ou laisser sécher le produit au soleil.

  • Pré-rinçage à basse pression pour décoller le gros de la poussière sans frotter le sable contre la peinture.
  • Nettoyant spécifique sur les parties grasses : chaîne, couronne, dessous de carter, avec un produit dégraissant adapté.
  • Shampoing moto au seau et gant microfibre, du haut vers le bas, en rinçant souvent le gant.
  • Rinçage complet, toujours à basse pression près des roulements et de l'électronique.
  • Séchage au souffleur pour chasser l'eau des recoins inaccessibles à la microfibre.
  • Lubrification de la chaîne sur chaîne propre et sèche, puis lustrage des plastiques.

L'étape que les gens zappent le plus, c'est le séchage au souffleur. Pourtant c'est elle qui fait toute la différence. L'eau qui reste dans les recoins, autour des vis, sous les commodos, c'est de la corrosion qui démarre. Un bon souffleur ou sécheur chasse cette eau là où aucune microfibre n'arrive. Depuis que j'utilise un souffleur systématiquement, je n'ai plus une seule trace de rouille naissante sur mes vis.

La haute pression, oui, mais avec la tête froide

On me pose toujours la question du nettoyeur haute pression sur la moto. Ma réponse : oui, mais avec discernement. La haute pression mal utilisée, c'est de l'eau poussée dans les roulements de roue, dans la transmission, dans les connecteurs électriques. Et là, on crée le problème qu'on voulait éviter.

Je garde toujours une distance d'au moins 30 à 40 centimètres, je n'attaque jamais directement un roulement ou un joint spi, et je baisse la pression près de l'instrumentation. Pour le gros du carénage et les jantes, la haute pression est un vrai gain de temps. Pour les zones sensibles, je repasse à la basse pression ou au seau. C'est une question de bon sens, pas de force brute.

Le plaisir qui devient entretien préventif

Ce que j'aime dans ce rituel, c'est qu'il ne ressemble pas à de l'entretien et que pourtant c'en est. Un client de Cournon m'a dit un jour qu'il avait repéré une fuite de fourche naissante uniquement parce qu'en lavant, il avait senti le bas de tube gras sous le doigt. Sans ce lavage attentif, il roulait jusqu'à ce que ça devienne grave. Voilà ce que je veux dire quand je parle de connaître sa machine.

Une moto propre, c'est aussi une moto plus agréable à enfourcher. Le lundi, quand vous partez au boulot sur une machine impeccable que vous avez chouchoutée la veille, le trajet n'a pas la même saveur. C'est bête mais c'est vrai. Le rituel du dimanche, c'est autant pour la mécanique que pour le moral du pilote.

Mon matériel pour un dimanche réussi

Je n'ai pas besoin de grand-chose, et je me méfie des kits à rallonge qui promettent monts et merveilles. Un seau avec grille anti-sable, un bon gant microfibre, un shampoing moto correct, un dégraissant pour la chaîne, un souffleur pour le séchage et deux ou trois microfibres propres. Avec ça, je fais un travail propre en quarante-cinq minutes sans me presser.

Une erreur fréquente : le coup de la chaîne lubrifiée trop tôt

Voici la bourde que je vois revenir le plus souvent, et je l'ai faite moi-même en avril 2022 sur ma propre Africa Twin un dimanche où j'étais pressé d'aller rouler. J'avais shampouiné, rincé, et au lieu d'attendre que la chaîne soit parfaitement sèche, j'ai vaporisé le lubrifiant sur une transmission encore humide. Résultat : le produit n'a pas accroché, il a glissé sur le film d'eau, et 60 kilomètres plus tard la chaîne était de nouveau sèche et grinçait. J'ai dû tout recommencer le soir même, donc deux fois le boulot pour avoir voulu gagner un quart d'heure.

Une chaîne se lubrifie sur du métal sec et tiède, jamais sur du mouillé. C'est là que le souffleur change tout : un coup d'air sur les maillons et la couronne, deux minutes montre en main, et la chaîne est sèche à coeur, pas juste en surface. Le lubrifiant pénètre alors entre les joints toriques au lieu de couler par terre. Je laisse aussi toujours reposer une bonne dizaine de minutes après avoir graissé, le temps que le solvant du produit s'évapore et que le gras prenne. Si vous lubrifiez puis partez rouler dans la foulée, la force centrifuge à 80 km/h projette la moitié du produit sur la jante et le pneu, ce qui est sale et carrément dangereux sur le flanc. Cette histoire de séchage avant graissage, ça paraît un détail, mais sur une chaîne à 120 ou 150 euros qu'on veut garder 30 000 kilomètres, le détail fait toute la différence.

Le seul vrai investissement que je recommande, c'est le souffleur ou sécheur. C'est ce qui transforme un lavage moyen en lavage soigné, et c'est ce qui protège vraiment la mécanique sur la durée. Passez à la boutique de Clermont-Ferrand, je vous montre comment je sèche une moto en cinq minutes sans une seule trace d'eau. Une fois qu'on a goûté à ça, on ne revient plus à la chamoisine qui laisse des marques.

Une question sur votre matériel ?

Conseil gratuit et démo sur votre moto, à la boutique de Clermont.

Demander conseil

À lire aussi